Campus MaNa est un centre unique de formation professionnelle international pour les créateurs sur un territoire d’exception au coeur de la Bourgogne.

Avec Jacques Ferrier

Du 18/09/2023 au 29/09/2023

La formation

Objectif(s) pédagogique(s) :

  • Durant la formation, les stagiaires mobiliseront des ressources théoriques et pratiques, de manière à penser le projet – et le fabriquer – dans un contexte sociologique, économique, écologique donné.
  • L’accent sera mis sur les liens entre la théorie et la pratique. Il s’agit de partir d’un élément architectural banal et fondamental pour penser les évolutions (sociales, écologiques, économiques) du monde, en résonance avec les défis techniques à l’œuvre (consommation de carbone, utilisation de matériaux bio et géo sourcés, fabrication locale et circuits courts, etc.).

 

  • A l’issue de la formation, les stagiaires seront en mesure de :
  • Concevoir, dessiner et fabriquer un prototype de fenêtre à l’échelle 1
  • Maitriser des découpes et des assemblages en bois originaux
  • Différencier, comparer et maitriser les techniques de mise en œuvre d’une fenêtre
  • Approcher la fabrication d’une fenêtre de manière raisonnée et vertueuse
  • Appréhender les enjeux inhérents à la conception de fenêtres à l’heure de l’Anthropocène et de la transition écologique (ventilation, vues, consommation de carbone, quantité de vitrage, etc.)
  • Comprendre les innovations inhérentes à la fabrication de baies dans l’Histoire de l’architecture.
  • Mobiliser l’imaginaire lié à la fenêtre dans différents champs de création.
  • Approcher la dimension sensible de la fenêtre : au-delà de sa seule matérialité, la fenêtre sera interrogée comme un catalyseur des nouvelles manières d’habiter, de travailler et d’être ensemble.
  • Penser les évolutions du monde et les défis inhérents à nos sociétés urbaines à partir d’éléments du quotidien, tangibles, manipulables.

Contenu de la formation :

« Mon projet pour Campus MaNa envisage une approche nouvelle des éléments de construction à la lumière des enjeux posés par la société urbaine. Deux de ces enjeux seront les moteurs principaux d’une réflexion qui se veut en décalage par rapport à la conception courante.

La mise en question des éléments de construction dans le contexte de la crise climatique et des exigences de frugalité en termes de consommation des énergies et des ressources. Dans cette réflexion, chaque élément ne saurait être considéré de façon isolée, mais doit être mis en situation dans un nouvel écosystème technique.

La vision de l’élément de construction comme essentiel à la relation entre l’habitant et son environnement. Cette relation a été réduite à néant par l’architecture fonctionnelle et la production industrielle. Il s’agit de retrouver une résonance entre le bâtiment et le vécu quotidien. Le plaisir de la compréhension, le désir d’usage, la liberté d’appropriation, seront des valeurs sensibles qui seront systématiquement mises en parallèle des performances écologiques du projet.

Le projet sera réalisé dans une pratique transversale qui ne dissocie pas le geste de la pensée.

Le thème de l’atelier sera « Habiter la fenêtre ».

La fenêtre, et plus généralement la baie est un élément essentiel de l’architecture. « Ouverture de fonction quelconque, ménagée dans une partie construite, et son encadrement » (Vocabulaire de l’Architecture, Imprimerie Nationale, 1972), la fenêtre est de tout temps une constante fondamentale de l’esthétique et de l’usage des bâtiments. Une réflexion sur la fenêtre et ses dispositifs d’occultation ne peut donc se passer d’une mise en perspective dans l’histoire de l’architecture et notamment de la question des styles.

A ce titre, elle est objet de débats. Ne citons que celui entre Auguste Perret et Le Corbusier entre fenêtre verticale et fenêtre bandeau.

En regard de l’approche esthétique, il faut tout autant l’inscrire dans l’aventure technique : la baie est un défi pour le dispositif constructif. Enlever de la matière c’est ôter la résistance d’un pan de mur. Des premières constructions à la modernité en passant par l’arc roman, le linteau classique, jusqu’au béton armé la fenêtre est un sujet d’innovation et de réinvention permanentes.

Au début des années 50, la fenêtre paraît même se dissoudre dans une transformation radicale avec la mise au point du mur rideau, façade transparente sans plus aucun ouvrant.

Une fenêtre qui ne s’ouvre plus est-elle encore une fenêtre ? Le rapport avec la ventilation met en évidence le lien entre la fenêtre et la globalité des dispositifs constructifs d’un bâtiment. L’ensemble des éléments de construction - baie, sols, plafonds, escaliers, partitions - sont parties prenantes d’un écosystème technique dont ils ne sauraient être détachés. L’apparition de la climatisation mécanique en 1901 remet profondément en question la relation des espaces intérieurs avec leur environnement. Il faut aujourd’hui à nouveau « ouvrir la fenêtre ».

Du cinéma à la peinture, en passant par la littérature et la bande dessinée, la fenêtre a toujours été associée à un imaginaire riche et foisonnant. La fenêtre, c’est l’ailleurs, le rêve, le ciel, le fantastique, l’inconnu. C’est ce qui permet de voir, de se cacher et d’être vu. Dans les systèmes d’oppression et d’enfermement, elle frustre et contraint mais permet aussi de s’échapper, de s’évader. La fenêtre est le lieu de tous les possibles, elle est synonyme de liberté. En se concentrant sur son imaginaire et ses représentations, la fenêtre peut ainsi être perçue comme le catalyseur d’une réflexion sur la qualité et l’habitabilité de nos architectures contemporaines.

C’est sous angle de l’environnement qu’il est urgent de reconsidérer la fenêtre aujourd’hui. La crise climatique met un frein à l’usage de la climatisation, de l’usage de matériaux tels le PVC et l’aluminium responsables d’un mauvais bilan CO2, de la taille des vitrages. Il faut y ajouter le passage nécessaire d’une préfabrication massive et mondialisée à une production plus locale et respectueuse des savoir-faire contextuels.

La fenêtre est à l’intersection de multiples enjeux de développement durable.

Enfin, la fenêtre est bien plus qu’une baie qui laisse passer l’air et la lumière. C’est un espace en soi, un seuil entre extérieur et intérieur, entre intime et public. Elle peut intégrer des éléments techniques - chauffage, éclairage -, des rangements, une assise, une embrasure profonde pour pouvoir s’y tenir. Complétée par les volets, voilages, rideaux la fenêtre est un décor habité qui signe l’esprit d’une époque, d’une culture et d’une société. Dans les logements urbains aux surfaces minimales, la fenêtre doit jouer un rôle nouveau dans le quotidien des habitants, à condition d’opérer un décalage par rapport à la commande ordinaire. »

Formateurs :

Avec Jacques Ferrier

Détails

Jacques FERRIER

Jacques Ferrier est architecte, urbaniste. Diplômé de l’École d’architecture de Paris-Belleville et de l’École Centrale de Paris, il crée son agence à Paris en 1993 et travaille depuis en France et à l’international. Ses projets s’inscrivent dans une même philosophie : concevoir une architecture et une ville pour une société créative et durable.

Jacques Ferrier est l’auteur de nombreux articles et ouvrages sur l’architecture. Son travail a fait l’objet de monographies, notamment « The architecture of Jacques Ferrier » publiée aux éditions Thames & Hudson, Londres. Jacques Ferrier est Professeur. Il a été nommé Chevalier de l’Ordre National du Mérite et Chevalier des Arts et des Lettres.

Pauline Marchetti et Jacques Ferrier collaborent depuis 2008, avec la création du pavillon français pour l’exposition universelle de Shanghai. Depuis, ils ont développé un nombre important de projets tant publics que privés, alliant recherche et architecture.
Leur travail a fait l’objet de plusieurs expositions internationales, notamment « Impressionismus » à l’Architektur Galerie de Berlin ; « Non Oppressive Design » au DOKK1 à Aarhus et « Une vision pour la ville sensuelle » à Shanghai, Pékin, Manille, Singapour, Jakarta et Kuala Lumpur.
Le Centre de design de l’UQAM leur consacre une exposition monographique, « Entre-Deux », à l’automne 2019.
Ils donnent de nombreuses conférences à l’international et leurs projets sont l’objet de nombreuses publications.

Clémentin Rachet

Architecte et chercheur

Clémentin Rachet est architecte, enseignant et doctorant à l’ENSA Nantes (laboratoire AAU, équipe CRENAU). Ses recherches portent sur la représentation des espaces ordinaires dans la littérature contemporaine et ont fait l’objet et de plusieurs publications. Il collabore depuis 2017 avec l’agence d’architecture et de recherche en prospective urbaine Ferrier Marchetti Studio.

Mathieu Luzurier

Originaire de Paris, Mathieu Luzurier est un artisan ébéniste de Puisaye. Il a commencé à étudier la biochimie et la bactériologie au lycée. Puis il entre à l’École Boulle et obtient son diplôme d’ébéniste en 4 ans. Il maîtrise l’art de mettre en valeur les multiples essences de bois, tant en massif qu’en placage, par les techniques traditionnelles et modernes. Au cours de son apprentissage, il fréquente plusieurs ateliers, comme ceux de Bernard Mauffret, Marc Desnoyer ou Alexandre Fougea. Mathieu a travaillé pour quelques entreprises à Paris et à Londres (A.K.A Design), et c’est en 2016 qu’il a commencé à diriger sa propre entreprise, en Bourgogne, connue sous le nom de M.A.C. Il fabrique des meubles, des dressings, des cuisines, pose des parquets, etc. Il adapte son travail et son esthétique à l’espace avec un souci du détail pointu. Enfant d’un « touche-à-tout », Mathieu maîtrise les principales connaissances dans de nombreux domaines de la construction afin de rénover des maisons du sol au plafond.

Méthodes mobilisées :

L’équipe pédagogique propose au participant des activités variées et complémentaires tout au long du programme :

  • Conférences, visites, entretiens
  • Un temps de réflexion et de recherche dédié à la documentation du sujet
  • Des heures de travail en atelier bois et sur le terrain
  • Des mises en situation individuelles et collectives
  • Participation active et expérimentation des participants sont privilégiées
  • Des conversations et des conseils de différents intervenants

Modalités de suivi et d’évaluation :

Les stagiaires seront évalués sur :

Leur implication tout au long des deux semaines de formation
L’originalité de leurs propositions, leur créativité
Leur capacité à travailler en groupe
Leurs aptitudes manuelles
Leur capacité à intégrer des dimensions sensibles et théoriques au projet
Leur capacité de restitution et de présentation (orale, écrite, matérielle)

Feuille d’émargement par demi-journée
Attestation de réalisation délivrée par Campus MaNa

Durée et modalité d'organisation :

Public visé :
Autodidacte ou diplômé de la discipline, justifiant d'une expérience qui est évaluée lors du processus d'admission.
Le stagiaire devra maîtriser les outils et techniques de représentation traditionnels de l’espace (plan, coupe, axonométrie)
Prérequis :
Étape 1 : envoi d'un portfolio et d’un cv 
Étape 2 : validation de la candidature par le jury d'admission qui s'assure de l'adéquation entre le profil et les exigences de la formation 
Langue(s) :
Français
Dates :
Du 18/09/2023 au 29/09/2023
Durée :
12 jours
Horaires :
9h-13h — 14h-18h
Organisation :
à Campus Mana
Taille du groupe 
(nombre de stagiaires maximum prévu) :
15 participants maximum
3500€ TTC
Ce tarif comprend le coût de la formation, l’hébergement et la pension complète, les matériaux et les équipements de protection individuelle. 

Déroulé de la formation :

Lieu :

Campus MaNa Domaine du Croisil 89350 Champignelles France

Accessibilité :

Pour toute situation de handicap merci de nous contacter afin d’envisager la faisabilité

Délais d'accès :

Jusqu’à 15 jours avant le début de la formation et en fonction des places restantes
crossmenuchevron-down linkedin facebook pinterest youtube rss twitter instagram facebook-blank rss-blank linkedin-blank pinterest youtube twitter instagram